Étiquette : photographie

  • Fous de photo!

    plan2Galerie Polka
    12, rue Saint-Gilles
    75003 Paris

    Pour tous les amoureux de la photo qui n’auront pas l’occasion d’aller voir le festival de Arles cet été, la galerie Polka expose trois photographes qui vous plongeront dans des univers très différents.
    Des ruines de Gunkanjima, aux clichés très intimes de Joakim Eskildsen, il y en aura pour tous les goûts!

    D’abord, vous découvrirez la série Gunkanjima, du duo français Yves Marchand et Romain Meffre.
    Déjà remarqués pour YvesMarchand_RomainMeffre_Appartement_batiment-65_2008leur série sur les cinémas et théâtres abandonnés de la ville de Detroit (USA), les français poursuivent leur quête des vestiges de notre civilisation, au Japon, sur l’île de Hashima, également appelée Gunkanjima (Navire de guerre).

    Cette île, aujourd’hui totalement abandonnée a connu la densité de population la plus élevée de la planète!
    Achetée en 1890 par Mitsubishi pour exploiter ses ressources de charbon, l’île se peuple d’employés de la mine. Des infrastructures sont construites pour accueillir les travailleurs et la population augmente rapidement, au point d’accueillir 139 100 hab/km2 en 1959 (par comparaison, Paris comptait 21 289 habitants par km² en 2010).
    L’île est brusquement abandonnée en 1874, à cause de la baisse d’activité minière.

    YvesMarchand_RomainMeffre_Gunkanjima_Cour_interieure_batiments_18_et_19_2008Yves Marchand et Romain Meffre présentent une série de clichés sur cette île tombée en ruine, où persiste encore les traces du passage de ses habitants.
    Vieux téléphone, télévision explosée, bouteille de saké oubliée sur une table, les photographes se focalisent sur les détails qui humanisent ces lieux inhabités et les remplissent de la présence de ses anciens locataires.
    Le spectateur, à la manière d’un archéologue, se prend à imaginer les habitudes et les coutumes des habitants, comme s’il s’agissait d’une civilisation oubliée.
    Au delà de la beauté de ces photos d’architectures parfaitement composées, le duo de photographes nous livre ici une réflexion sur les vestiges de notre société moderne, qui incarnent la psychologie de notre époque.

    JoakimEskildsen_HomeWorks_Dinner_Holte_Denmark_2010Au sous-sol, vous découvrirez la série Home works du photographe Joakim Eskildsen.
    Photo-reporter de talent, Joakim Eskildsen s’est fait connaitre pour ses reportages de voyages, sur la route, à la rencontre de communautés différentes, comme avec sa série « The Roma Journeys » pour laquelle il a reçu le prix Amilcare Ponchielli.

    Avec la série Home works, ce n’est pas à l’autre bout du monde, au contact de populations JoakimEskildsen_HomeWorks_Rainbow_Orup_Denmark_2008différentes que l’artiste a trouvé l’inspiration, mais tout simplement chez lui, en contemplant ses enfants.
    Pleines de tendresses et de douceurs, parfois inquiétantes et irréelles, ces photos, loin de la photo de famille classique qui témoigne d’un moment particulier dans l’évolution sociale ou personnelle d’un enfant, permettent au spectateur de se raconter sa propre histoire.
    Grâce à une lumière ultra maîtrisée, qui évoque le clair-obscur de la peinture classique, les scènes de la vie quotidienne deviennent ici le point de départ d’un conte étrange et poétique, que le spectateur peut s’inventer.

    Anaïs Montevecchi

    Gunkanjima et Home works
    jusqu’au 4 aout 2013
    Du mardi au samedi
    de 11h à 19h30

    ©Yves Marchand et Romain Meffre
    -Gunkajima-
    Appartement, bâtiment 65, 2008
    ©Yves Marchand et Romain Meffre
    -Gunkajima-
    Appartement, Cour intérieure, bâtiment 18 et 19, 2008
    ©Joakim Eskildsen
    -Home works-
    Orup, Denmark, 2008
    Courtesy Polka Galerie
    ©Joakim Eskildsen
    -Home works-
    Dinner, Holte, Denmark, 2010
    Courtesy Polka Galerie
  • Baroque et provoc’!

    plan2galerie Rabouan Moussion
    121, rue Vieille du Temple
    75003 Paris

    Si vous passez dans le Marais, n’hésitez pas à pousser le porte de la galerie Rabouan  Moussion pour découvrir le travail de l’artiste Cédric Tanguy.
    Le titre de l’exposition « Mehdusine », mêle les prénoms Mehdi et Mélusine.
    feemel11Le prénom Mélusine évoque ici une légende qui date du XIIIème siècle : Mélusine est condamnée par sa mère à se transformer en femme-serpent tous les samedis. Elle fait promettre à son mari, le seigneur Raymondin, de ne jamais chercher à la voir ce jour-là. Un jour, la soupçonnant d’infidélité, il l’espionne et perce son secret. Folle de désespoir, Mélusine se jette par la fenêtre.

    1357224449Dans cette exposition, Mehdi, jeune éphèbe d’origine maghrébine et muse de l’artiste, est représenté à plusieurs reprise en homme-serpent, incarnant une Mélusine masculine, sensuelle et  métissée.
    « Mehdusine » apparaît donc comme une créature hybride, à la fois homme et femme, au croisement des civilisations orientales et européennes.
    Cette queue de serpent, élément physique discriminant de Mélusine dans sa légende, fait écho à la difficulté d’intégration des jeunes d’origines étrangère dans notre société actuelle.

    Symbole chrétien du péché originel, la queue de serpent permet également d’évoquer la question de la diabolisation de la sensualité féminine dans la religion catholique, et par extension ici, de l’homosexualité.
    Medhi, d’une sensualité brûlante, fantasme inassouvi de l’artiste, est montré ici comme l’image même de la tentation : le corps nu et luisant, le regard aguicheur, la queue de serpent proéminente, comme métaphore de son anatomie érectile.

    resizeMêlant esthétique religieuse catholique classique (crucifixion, vitraux, saint suaire, etc…) et esthétique gay à la Pierre et Gilles,  transformant Jésus en jeune de banlieue d’origine maghrébine, Cédric Tanguy provoque et pose la question du dialogue interreligieux, dans un état laïc pluriculturel.

    Baroque et Rococo, foisonnant de traits d’humour, de jeux de mots et de provocations sensuelles et politiques, cette exposition est une réinterprétation à la fois personnelle et ancrée dans l’actualité de la légende de Mélusine.

    Anaïs Montevecchi

    Cédric Tanguy, Mehdusine
    jusqu’au 13 avril 2013
    Du mardi au samedi
    de 10h à 19h

    Cedric Tanguy,
    Mehdusine crucifié, 2012
    ©Cedric Tanguy
    ©Courtesy Galerie Rabouan Moussion
    Cedric Tanguy,
    Vitraux – Vera Iconica, Eve, Linceul, 2012
    ©Cedric Tanguy
    ©Courtesy Galerie Rabouan Moussion
  • À la recherche du jardin d’Eden avec Sergio Vega

    plan2Galerie Karsten Greve
    5, rue Debelleyme
    75003 Paris

    Vous en avez assez de la grisaille parisienne? Alors partez pour un voyage en compagnie du photographe argentin Sergio Vega en découvrant son exposition 14 juillet, le manifeste du coq flâneur et autres histoires…

    SV 2011 July 14th (2)Depuis 1995, Sergio Vega  travaille sur un projet intitulé « Le paradis dans le nouveau monde ». Ce projet se base sur la théorie d’un historien espagnol (Antonio de Leo Pinelo 1595-1660), qui situait le jardin d’Éden en Amérique latine.

    Sergio Vega nous embarque donc dans sa quête du paradis perdu, qui l’emmène ici à Mato Grosso, au Brésil. Cette région est l’une des zones les plus riches du monde en terme de  biodiversité, mais elle est fortement touchée par la déforestation et l’agriculture intensive.

    À travers les photos de son voyage, entre vision romantique de la forêt amazonienne, critique politico-sociale, mais aussi images qui inspirent à l’artiste des histoires poétiques (voir l’oeuvre July 14th4 steps of a rooster manifesto), Sergio Vega nous invite à nous questionner sur la notion de paradis terrestre.
    Le paradis d’aujourd’hui serait-il sauvage? L’homme pourrait-il se construire son propre paradis?

    SV 2011 Caravaggio's moss AJ’ai personnellement trouvé un petit instant de paradis en admirant les trois grandes photos de la série Caravaggio’s Moss, placées en face de l’entrée.
    Dans ces photos, Sergio Vega représente la forêt tropicale en s’inspirant des grands maîtres du clair-obscur, tels que Caravage ou Rembrandt.
    Ces contrastes lumineux violents, laissent des zones d’ombres importantes dans la composition de ces images, leur donnant une dimension mystérieuse, envoûtante.
    La lumière qui passe difficilement à travers les feuillages denses de la forêt, nous plonge dans cet univers où l’on peut presque sentir l’odeur de la mousse, ressentir la chaleur, l’humidité et les bruits de la forêt.
    N’hésitez pas à rester un moment devant ces tirages, pour vous imprégner de leur atmosphère et vous laisser embarquer pour ce voyage au jardin d’Éden.

    Anaïs Montevecchi

    Sergio Vega
    14 juillet, le manifeste du coq flâneur et autres histoires…

    jusqu’au 6 avril 2013
    Du mardi au samedi
    de 10h à 19h
    La galerie sera exceptionnellement fermée du 26/2 au 11/3 2013

    Sergio Vega,
    July 14th, 2011
    © Sergio Vega
    © Courtesy Galerie Karsten Greve
    Sergio Vega,
    Caravaggio’s Moss A, 2011
    © Sergio Vega
    © Courtesy Galerie Karsten Greve